Dans une groseille [3/3]

[La première partie c’est par ici et la deuxième partie ici]

Transition

(Pour une définition de transition, je vous renvoie à cet article de Roxane ! Je vais pas répéter quelque chose qui a déjà été bien décrit ici)

Je vais parler ici encore de Mon Expérience Personnelle, qui n’est en aucun cas une généralité pour les personnes agenre ou non-binaires !

Transition physique

Je ne suis pas de traitement hormonal (ce qui est parfois le cas pour les personnes non-binaires, pour avoir une apparence plus androgyne). Je ne me bande pas la poitrine. Je n’ai pas radicalement changé ma façon de m’habiller.

Mais !

  • Je me suis coupé les cheveux très courts ! Avant même mon épiphanie d’ailleurs. Et ça m’a comme libéré d’un poids ! Ça m’a beaucoup aidé (et ça continue encore aujourd’hui) à m’affirmer et à rejeter les normes sociales qui me collaient à la peau (ou à la tête) malgré moi.
  • Je me sens plus libre dans mes choix d’habillement (même si je redoute toujours le regard des autres, anxiété anxiété) : quand avant j’avais peur d’avoir une apparence trop « masculine », maintenant je m’en fiche puisque féminin ou masculin, aucun n’est bon ! Je porte même des robes de temps en temps. Bon… Okay… UNE robe, UNE fois l’année dernière pour l’anniversaire de ma grand-mère… Mais ça compte quand même parce que je l’ai fait de mon plein gré (et à la surprise d’à peu près tous les gens qui me connaissent !)
  • Aussi étonnant que cela puisse paraître, j’ai commencé à porter du vernis à ongles APRES mon épiphanie (je détestais ça avant, sans doute parce que ça représentait un stéréotype féminin auquel je me refusais de conformer) et c’est du vernis qui flashe (rouge, bleu clair, turquoise, fuchsia, violet, bleu foncé, vert, toutes les couleurs y passent)

Et à part ça, ben pas grand-chose ! Je mélange les vêtements codés féminins et ceux codés masculins par la société, et plus j’aurais des regards confus de la part d’inconnus, plus je serai satisfait !

haters gonna hate

Transition sociale

Ma transition sociale est en cours.

J’ai choisi un nouveau prénom, Elie, car mon prénom de naissance était beaucoup trop genré pour moi.

Je commence doucement à en parler à mes amis. Je n’en avais parlé qu’à une amie peu après mon épiphanie. J’ai attendu quelques mois avant d’en parler aux amis du CGLBT (cœur, cœur, cœur, cet endroit c’est le bonheur), ne sachant pas trop comment aborder ce sujet, surtout que je n’étais pas du tout sûr de moi concernant mes pronoms à l’époque (note : je ne le suis toujours pas ! L’absence de pronoms et d’accords neutres en français n’aide pas du tout). Ça peut paraître étonnant, mais malgré le « T » du sigle et les gens formidables que j’ai pu rencontrer là-bas, j’avais quand même très peur d’en parler !

Mais ces coming out répétés se passent bien ! J’ai toujours autant peur d’en parler, mais les incroyables réactions de mes ami.e.s me motivent à continuer d’en parler ! Bon, il y a eu un couac avec une amie aussi, mais c’est malheureusement normal dans le parcours d’une personne trans que d’avoir des réactions moins positives dirons-nous. (mais je crois en elle, ça s’arrangera !)

J’ai parlé de mon genre très récemment à ma mère (qui a ensuite transmis ce même article que vous êtes en train de lire à mon père). Je l’ai fait un peu sur un coup de tête, mais surtout parce que je n’en pouvais plus qu’elle ne le sache pas, qu’elle ne sache pas qui je suis. Je crois que j’ai fait exploser son cerveau

head exploding gif barney

 

Elle ne connaissait rien aux genres non-binaires avant, mais elle comprend, elle m’accepte ! Elle a encore du mal à m’appeler Elie à chaque fois, les accords sont toujours un peu hésitant parce que les réflexes à l’oral sont durs à changer, je le sais. Mais elle sait que c’est important pour moi donc elle fait attention, et elle me genre au masculin maintenant ! Super Maman ❤

Bref, ma transition sociale se passe superbement bien je trouve !

squealing